Le Crédit d’Impôt 45Q, instauré aux États-Unis pour favoriser la capture et le stockage du carbone, connaît une évolution majeure en 2025. Initialement limité et strict, ce dispositif a été assoupli et renforcé au fil des années pour soutenir l’émergence de nouvelles technologies et la diversification des usages du CO₂ capturé. La dernière réforme, portée par le One Big Beautiful Bill Act (OBBBA), élargit significativement les conditions d’éligibilité et augmente la valeur du crédit pour des applications variées, telles que le stockage géologique, l’amélioration de la récupération assistée du pétrole (EOR) et d’autres usages industriels. Cette transformation vise à stimuler l’investissement de grands acteurs industriels tels que TotalEnergies, Air Liquide, et Veolia, tout en ouvrant le marché à des projets plus petits et innovants. En rapprochant la fiscalité des réalités technologiques et économiques, cette mise à jour pourrait redynamiser la valorisation du carbone capté, en imposant un nouvel élan aux acteurs engagés dans la neutralité carbone.
Évolution du Crédit d’Impôt 45Q : Impacts sur la captation et l’utilisation du CO₂
Depuis la création du 45Q en 2008, ce crédit d’impôt a subi plusieurs modifications clés destinées à élargir son champ d’application. L’amendement majeur en 2018, via le Bipartisan Budget Act, a supprimé le plafond de capture de 500 000 tonnes de CO₂ par an, tout en intégrant la capture directe de l’air (DAC) et en reconnaissant les usages industriels du CO₂ capté. Ensuite, l’Inflation Reduction Act de 2022 a permis d’augmenter la valeur du crédit, de le rendre transférable et de diminuer les seuils d’éligibilité.
Le One Big Beautiful Bill Act de juillet 2025 franchit un cap supplémentaire en alignant la valorisation fiscale du CO₂ pour l’EOR et les autres usages sur celle du stockage géologique, jusqu’ici le plus rémunérateur. Cette mesure offre une plus grande flexibilité à des sociétés telles que ENGIE, Schlumberger, et EDF, réduisant ainsi les contraintes liées aux longs délais d’autorisation des puits de classe VI nécessaires pour le stockage souterrain.
- Suppression du plafond de CO₂ capté
- Inclusion des technologies DAC
- Égalisation de la valeur du crédit pour EOR et autres usages
- Transfert facilité du crédit d’impôt
- Baisse des seuils de capture minimum
| Version de la loi | Conditions clés | Effets notables |
|---|---|---|
| 2008 – Création | +500 kt CO₂/an, stockage géologique/EOR uniquement, plafond 75 Mt | Accès limité, forte contrainte de volume |
| 2018 – BBA | Plafond supprimé, DAC inclus, usage élargi | Ouverture vers start-ups, projets DAC |
| 2022 – IRA | Valeur crédit augmentée, crédit transférable, seuils baissés | Incitation financière renforcée |
| 2025 – OBBBA | Valeur crédit unifiée pour tous usages | Flexibilité accrue, diversification des revenus |
Cette série d’adaptations rend le dispositif particulièrement attrayant pour la filière, incitant des entreprises comme Vinci Energies, Technip Energies, Axens, et Suez à intensifier leurs projets de capture et valorisation tout en favorisant l’innovation industrielle.

Retour d’expérience : l’exemple d’Occidental Petroleum et la DAC au Texas
Occidental Petroleum illustre à merveille cette dynamique en déployant actuellement la première phase de son installation DAC capable de capturer jusqu’à 500 000 tonnes de CO₂ par an au Texas. Cette initiative s’appuie sur les nouvelles dispositions du 45Q, notamment le crédit égalisé pour EOR, permettant à l’entreprise d’utiliser localement le carbone capté pour ses opérations de récupération assistée tout en envisageant la commercialisation d’hydrocarbures à faible empreinte carbone.
Ce modèle intégrant capture, utilisation, et commercialisation démontre la viabilité économique renforcée par une politique fiscale incitative, à l’inverse de projets traditionnels nécessitant des mises en conformité longues et coûteuses. Ainsi, la réforme 2025 valorise l’objectif pragmatique des acteurs industriels tout en encourageant les nouvelles chaînes de valeur bas carbone.
- Capacité carbone importante (>500 kt/an)
- Valorisation multiple : EOR, produits dérivés bas carbone
- Optimisation du financement via le crédit d’impôt 45Q
- Réduction des délais réglementaires
- Potentiel de nouveaux marchés pour EDF, ENGIE, et TotalEnergies
Perspectives pour les acteurs et les projets émergents
Le renforcement du dispositif suscite des attentes positives de la part des investisseurs et des développeurs de projets, en particulier pour les PME et start-ups spécialisées dans la technologie DAC et les solutions innovantes de valorisation du CO₂. Le soutien étatique combiné aux ajustements fiscaux ouvre également un horizon prometteur pour des partenariats industriels intégrés, favorisant une meilleure maîtrise des flux de carbone entre compensation, utilisation et stockage.
En parallèle, les besoins croissants de développement durable poussent des groupes comme Veolia ou Air Liquide à repenser leurs stratégies de R&D et leurs chaînes logistiques, intégrant de façon plus systématique les technologies de capture et valorisation dans leurs offres métiers.
| Type d’acteurs | Opportunités offertes | Actions attendues |
|---|---|---|
| Grands groupes industriels (TotalEnergies, EDF…) | Expansion des projets intégrés | Multiplier les sites pilotes, alliances stratégiques |
| PME/start-ups | Accès facilité au crédit d’impôt, financement | Innover sur les technologies DAC, utilisation diversifiée |
| Investisseurs | Rentabilité accrue, diversification des portefeuilles | Financer des projets avec nouveaux modèles économiques |
| Collectivités | Soutien aux projets locaux de captage et réutilisation | Mise en place d’incitations et partenariats locaux |
La compréhension approfondie des mécanismes de capture et stockage du carbone est essentielle à l’échelle industrielle, un enjeu mis en lumière dans cette vidéo explicative qui détaille les processus technologiques et les perspectives de marché.
Cette seconde vidéo aborde spécifiquement la capture directe de l’air, une technique à fort potentiel dans le contexte des évolutions récentes du crédit 45Q.
Questions fréquentes autour du Crédit d’Impôt 45Q et ses impacts
Quelle est la nouveauté majeure introduite par la loi OBBBA de 2025 concernant le crédit 45Q ?
La loi unifie la valeur du crédit d’impôt entre les différentes utilisations du CO₂ capté (EOR, stockage géologique, autres usages industriels), supprimant les différences précédemment existantes et augmentant ainsi la flexibilité et l’attractivité des projets.
Quels types de projets peuvent désormais bénéficier plus facilement du crédit d’impôt 45Q ?
Les projets intégrant la capture directe de l’air (DAC), ceux à plus petite échelle, ainsi que ceux explorant des usages innovants du CO₂ dans diverses industries.
Quelles entreprises françaises peuvent tirer parti de cette mesure ?
Des acteurs comme Engie, Veolia, Air Liquide, EDF, Axens, et Vinci Energies peuvent accélérer leurs innovations et développer des projets ambitieux grâce à une fiscalité plus avantageuse.
Le crédit d’impôt 45Q est-il accessible aux petits projets ?
Oui, la baisse des seuils de capture minimale permet aux entreprises de plus petite taille et aux start-ups de participer et d’accéder à ces incitations.
Peut-on combiner le crédit d’impôt 45Q avec d’autres aides fiscales ?
En fonction des montages financiers et des projets, il est possible de cumuler 45Q avec d’autres dispositifs, notamment liés à la rénovation énergétique ou à l’adaptation des logements, comme évoqué sur ÉquiperSenior.fr.



